Mathilde Roux

plasticienne

| vus par

- Jean-Paul Gavard-Perret [auteur, critique d’art, site : salon littéraire]
     "Mathilde Roux : jeux de surfaces, cartes et territoires des mots"
Extrait :
Au sein de cette figuration le travail pousse une porte non sur l’onirisme mais vers une vision "lynchéeene » des choses  : la représentation glisse vers une re-présentation - d’ailleurs sans cette dérive l’art n’est rien qu’un décor. Créant un pont entre le territoire et sa carte l’artiste plonge en un univers à la fois ouvert et fermé. Il traverse le champ des apparences et en conséquence, si une certaine « figuration » fait loi, nous sommes loin du réalisme. Et c’est bien là le piège nécessaire choisi par l’artiste pour nous confondre et nous confronter ce qu’il en est du réel et de ce qu’il représente. D’autant que l’artiste et poétesse jalonne de ses incidences phrastiques. Le diable du réel est soudain à nos trousses mais il est pris (comme est pris l’artiste ?) dans un univers formel à la recherche de l’algorithme de l’existence.

- Joachim Séné [auteur, site : chutes, fragments et conséquences]
     "Cartes de Mathilde Roux"
Extrait :
Les mots découpés relèvent de l’intime, et la carte de l’espace public. Comment placer une parole personnelle, unique et libre, dans un lieu commun, brouhaha de foule et d’injonctions ? C’est un exercice de liberté et de subversion auquel se livre Mathilde Roux en recouvrant ces cartes, le dernier calque tout au-dessus étant bien sûr libre au — lecteur, visiteur, d’ailleurs comment nommer le public qui lit et regarde ces routes ? — libre d’associer les fragments entre eux, et avec les autres cartes, de compléter les phrases coupées et celles manquantes. Il y a donc des lecteurs, des relecteurs, des voyageurs, qui redécoupent et recollent, nous travaillons et devenons tous les nomades d’une course sous la peau.

- Nathanaël Gobenceaux [auteur, géographe, site : les lignes du monde]
     "Mathilde Roux & les Territoires"
Extraits :
# Dans les mots. Cadre. Choix & paysage qui apparaît. Lecture du paysage : depuis l’arrière-plan jusqu’au point culminant. Entre : entre deux : l’espace : l’espace du sentiment.
 
# En toute chose géographie. En tous mots. En toute carte un poème. Le blanc de la carte, ce n’est pas du blanc : ce sont des mots. Plan & élévation. Comme en architecture. Le plan est une carte : surface plane faussement plane : tirant vers le volume : symbolique le volume : et les mots, ce sont eux l’élévation : les mots ce sont eux qui donnent : le volume de la carte.

# La carte tire une fiction. L’esprit vagabonde sur le chemin. Si je ne sais pas rêver sur une carte, je ne peux pas être géographe. J’arpente & serpente. La vue sur la mer. Flux & reflux. Ici j’imagine la côte rocheuse, peut-être un peu de sable dans la crique. Je ne lis pas le texte de fond ; mais je le vois, il s’imprime in mente. Il est soubassement au territoire ; géologie textuelle ; juste deux morceaux - quelques mots ont transpercé la croûte de la carte pour venir affleurer à l’air libre : dans l’étendue tout court.

# Tous les lieux, tous les mots. Tous les mots sont là à dessein. La carte, c’est du désir, aller ailleurs, imaginer ailleurs, rêver ailleurs. Cachés dans la carte, il y a aussi les bruits.
 
# La carte c’est moult informations, ce sont les éléments du paysage ; le paysage aplati. La carte c’est moult informations mais informations exactement inexactes. Le visible devient symbole, la route est un trait blanc, la rivière un trait double. Et l’invisible devient visible, la frontière y dévoile vibration & ondulations.

# Je regarde la carte, les cartes. Je m’immerge. Toutes similaires, tous éléments ; toutes différentes. Un espace en engendre un autre ; transition intangible, un espace en appelle un autre. Chercher les points de contacts entre les espaces, peut-être en cherchant l’espace qui appelle l’autre.

- Isabelle Pariente-Butterlin [auteur, philosophe, site : aux bords des mondes]
     "Les Territoires des possibles"

- Pierre Cohen-Hadria [auteur, sociologue, site : pendant le week-end]
     "Samedi soir, médiathèque Marguerite Audoux"