Photo © Sébastien Redon Lévigne.
Le noir n’existe pas, le rien non plus. Ils n’existent pas absolument, ils sont une vue de l’esprit, quand nous croyons les voir nous voyons autre chose, ils sont des contenants, les révélateurs de ce qu’ils masquent, les objecteurs de leur propre définition.
Le noir et le rien – comme l’absence – ont une épaisseur, une densité composées par tout ce qu’ils incluent et qui n’est pas noir, ni rien, ni absent. Ils absorbent sans résorber.
Noir et rien – comme douleur ou joie – refusent les qualificatifs et les quantitatifs, les échelles, les mesures, les caractérisations, ils appellent une sorte de minimalisme.
Noir et rien – comme souvenirs, regrets, espoirs – nous prennent au dépourvu. Ils font surgir des détails, dans leurs diverses dimensions, ils recomposent notre mémoire, notre regard, nos sensations, ils nous apprennent l’humilité et la détermination.
Le noir et le rien ne sont pas obscurs. Nous projetons au travers. Ce que nous pouvons, ce que nous voulons.
Texte pour Noir presque transparent de Sébastien Redon Lévigne & Cyril Berthault-Jacquier.