Quelque(s) Chose(s)

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du temps

dimanche 15 janvier 2012

(photographies du Fonds Gustave Roud, Lausanne)

 

Est-ce un geste contre l’oubli qui les fait exister, une conscience aigüe du moment présent, du moment pressenti, une distance déjà, une distance simultanée dans l’être là, le désir de l’effacer de la retourner, le désir de prendre quelque chose au monde au temps à la conscience pour le rendre ensuite au monde au temps à la conscience sous une forme moins altérable, le désir d’être inclus dans le moins altérable, fixé là par nous en dehors de nous, le désir de donner une voix à la solitude du regard qui est la solitude même ? Un geste les fait exister. Ce qui les rend ensuite captivantes, cet à jamais non reproductible visible dans sa pleine matérialité passée. Un froissement, une déchirure, une tache – du temps – les confirment plus réelles, plus présentes à notre aujourd’hui. Les photographies ne vieillissent pas, elles ont figé l’encours, elles peuvent se perdre ou s’abimer mais elles ne vieillissent pas, c’est nous.

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