Quelque(s) Chose(s)

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météorologie sommaire

samedi 14 avril 2012

("Underwater woman" © Séverine Cousot)

 

Il était prévisible qu’il pleuve sur cette histoire, en l’occurrence la nôtre. Après tout, les hypothèses et les alternatives n’étaient pas si nombreuses. Après tout, les pressions, les courants, la présence d’éléments perturbateurs, la variabilité des températures intérieures et extérieures dans cette zone géographique précise – nos corps réunis – étaient les mêmes, dans les grandes lignes, que ceux observés ailleurs. Il eut été phénoménal, puisque nous vivions ici et non pas en dehors du monde, d’échapper aux contingences. L’orage peut venir de loin, de régions oubliées, ou encore inconnues ; il peut surgir brusquement, au creux du lit, au détour de l’idée même du temps à venir. Alors on regarde l’autre partir sous la pluie, parce qu’ici il n’y a pas d’abri. Alors on ferme les fenêtres, on s’emmitoufle, on attend l’accalmie. Mais on ne peut pas vraiment se protéger de cela, du froid en dedans, de la solitude, de la nuit.

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