Quelque(s) Chose(s)

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vis-à-vis

lundi 10 décembre 2012

(photo © Pierre Debroux)

 

Nous étions désolés, c’était insoupçonnable, rien ne perçait à l’extérieur, notre tenue était correcte – qui l’exigeait ? –, notre quotidien et notre lit bien faits, nous étions désolés sans même nous en rendre tout à fait compte. Nous avions mis chaque chose à sa place, à cette place que nous avions décidée – à moins que ce ne soit pour d’autres raisons. Nous avions mis chaque chose à une place et rien ne se passait de plus, nous manquions de désordre, nous manquions de place pour cela, nous avions laissé la place à une absence insidieuse qui éloignait, sans déplacer, qui éloignait sans déplacer les assiettes posées sur la table, les vis-à-vis, les oreillers.

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