Quelque(s) Chose(s)

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je ne t’attends pas #2

mercredi 27 novembre 2013

 

Sur chaque visage une vie.
Sur chaque face l’ombre d’un sourire – éteint, allumé, prêt à jaillir, à renaître, à naître enfin si jamais. Sur chaque épaule une histoire invisible en bandoulière. Dans chaque dos le temps tirant poussant il ne sait faire que cela – mais nous.
Les pas simultanés, si mince l’espace entre eux, dessinant l’inextricable simplicité de l’ici et maintenant, du chacun ensemble : y aller.

Je regarde la rue se dérouler sous les pieds des passants tricotant cette fin d’après-midi d’automne et pour l’instant personne qui retourne en arrière, non, personne qui tombe là, personne qui s’arrête net. Les gens aller venir revenir d’où pressant parfois le pas dans quelle hâte jusqu’à quel seuil.

Dans les plis de la peau se cachent nos urgences.

Je regarde les gens passer et je ne t’attends pas.

De là où l’on est, ouvrir les yeux, un possible.

La ville ne dit rien, elle crie tout en même temps, j’écoute du dehors en dedans la palpitation, je ne t’attends pas.

Les gens passent – des anges. Je ne m’attends pas à ce que tu passes à ce que tu passes aussi à ce que tu sois déjà passé d’ailleurs je ne sais au fond que peu de toi.

La lumière tourne – un ciel. Dès qu’on relève le nez on est face à l’immense, il ne nous quitte pas, nous l’oublions seulement, il nous attend, on relève le nez et notre immense se fait jour se fait nuit se fait là, cet immense en nous-mêmes nommé et appelé rappelé par la voix ouverte du monde, cette immensité à caler dans le si petit corps de l’encours.

Je souris aux passants je crois – à ce nuage, à ce café.

Je ne veux pas t’attendre.

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