Quelque(s) Chose(s)

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samedi 11 mai 2013

 

Replier ses ailes, allez pose-toi un peu, tu ne voleras rien au temps tu n’atteindras pas sa cime.

Extensions-contorsions pour dire je suis là. À qui pourquoi ? Forces centrifuges.

Se glisser entre la lourde table ronde [vert] et la rangée compacte de chaises tressées [rouge], s’assoir bien au centre tout en tenant au bout des deux bras des paquets de pas grand-chose.

Droit devant, dans l’encadrement de la rue perpendiculaire, le ciel s’épanouit en largeur, rosi en son bas-ventre, des échancrures violines plissant ses ilots cotonneux, joliment mordu ça et là par une bouche mordorée, juste au-dessus des feux clignotants terrestres [vert, rouge, orange].

Les journées ne sont pas folles, on nous fait parfois dire n’importe quoi par mimétisme, par absorption, les journées ne sont pas courtes non plus, ni longues au demeurant, elles sont assidûment présentes, au bout du compte toujours entières quelle que soit la façon dont on les découpe, les triture, les sectionne, les étire, les mets en boule, les farcit et même si on en arrache les bouts. Enveloppes dans lesquelles se glissent l’un après l’autre nos déroulés – et nous glissons avec nous glissons dedans nous glissons vers nous glissons car –, marques-pages de notre livre en cours. Elles sont au demeurant, tant que. Ne pas les voir passer est une autre question, qui nous regarde, et peut-être est-ce là une sorte de folie, mais les journées ont toutes et chacune leur raison. Tu ne disais jamais à bientôt ; tu pouvais dire à ce soir, à demain, ou ne rien dire du tout, mais à bientôt jamais tu ne le disais. Et quoi qu’il en soit des contraintes, des aspirateurs avec ou sans sac, des efforts de traînage et des décalages horaires, nous avons toutes nos minutes bien à nous, c’est même la seule chose qui nous resterait si nous n’avions plus rien.

Tu as voyagé cahin-caha aujourd’hui – à moins que ce ne soit moi – entre ce qu’il reste d’enfance dans les projets d’immédiat et l’inconnu lancé au loin sans savoir ce qu’il verra. J’ai écrit, ou bien est-ce toi, quelques mots au retour, pour mémoire [blanc, noir].

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