Quelque(s) Chose(s)

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Du tracé

jeudi 22 janvier 2015

 


S’orienter ne consiste pas à garder l’oeil crispé sur la série de suites verticales des panneaux du code routier. On peut très bien (ou en partie) se fier à la mousse sur les troncs, à la géologie du tracé (sols tendres, roches dures, zones boueuses, terrain propice), à tout ce qui fait saillie autrement, aux formes allongées dans le sens des plis, aux inégalités de surface, on peut suivre des lignes de crête, le bruit que font les rivières, repérer des couleurs, des odeurs, on peut tenir compte des témoignages, des détails susceptibles d’évoluer dans le temps, on peut accorder de l’importance au hasard ou à l’intuition, à leur application immédiate, on peut sonder l’espace disponible dans notre âme et ce qui fait frontière en nous.

 


Tu m’as dit c’est ici. Tu as dit c’est ici, tu n’as pas dit ni quoi ni que, c’était un ici en soi. C’est ici que tu m’as dit c’est ici puisque nous y étions à cet instant précis. Et à partir de là cet ici devenait point de mire, point d’arrêt et point de moindre résistance, plus sensible aux atteintes de la qualification, il devenait centre historique quoi qu’il en soit, il reléguait le reste du monde à sa périphérie.

 


Il y a toujours une maison aux volets clos que l’on voit s’éloigner, de laquelle on s’éloigne, plus ou moins à regret. Peut-être que toute trajectoire n’est qu’une tentative d’oubli.

 

 

Images : Nathanaël Gobenceaux - Textes : Mathilde Roux
- Extraits de Via & Vers, éditions publie.net.

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