Quelque(s) Chose(s)

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jusque là

mardi 8 janvier 2013

Ma saison cette année est passible, encore peut-être jusqu’à ce soir je sens le vent tourner.

De la terre à la terre. Le reste est un jeu de mémoire. Nous avons des on enfouis dessous les arbres, nous avons des ils en bordure du jardin. La nature n’est pas légère, elle nous donne des forces à exalter, des on à déterrer et des ils à aimer – certains sont tout embroussaillés dans la haie. Les on crachaient quelque chose crachaient sans cracher crachaient en dedans suintaient peut-être, transformaient les bourgeons en scories et je devais sans cesse ressemer, repousser, recommencer, sans cesse jusqu’en mai.

Il y a parfois des tu aux bords des allées, des tu de même nature qui ne peuvent s’ignorer. Ce soir tu viendras tu es là – nous y sommes déjà – et je viendrai aussi, je viens je suis venue avec mes jardins suspendus aux lilas, et je viendrai légère le plus légère en poussant jusque là.

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