Quelque(s) Chose(s)

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coïncidences

samedi 30 mars 2013

 

Tu me demanderas pourquoi je ne reste pas un jour de plus à priori puisque à priori rien ne presse et qu’il reste beaucoup à.

Ah, ce à.
À, ce ah.

Un jour de plus
À point nommé.

Un jour de plus à l’abri du précédent,
Un jour à bloc, à satiété,
Un jour de plus à tes côtés.

Un jour à livre ouvert, un jour comme un autre, à fleurs, à vif, à poil, un jour à bascule, à réaction, un jour à lunettes, à perte de vue, un jour propice à s’y glisser. Un jour à merveille, à dénicher les cailloux coincés dans nos chaussures, à faire la liste des courses, à s’enhardir, à s’en aller. Un jour à feuilleter la nature, un jour à la fenêtre, à l’improviste, à chat perché, un jour à bâtir à connaître à atteindre à vaquer incliner réussir consentir résister échapper perdre et revenir, et revenir peut-être danser caresser apprendre oublier grandir jouir s’abandonner.
Un jour à cheval sur le ventre du monde.
Un jour à la barbe des compteurs en tous genres placiers forfaitistes distributeurs automatiques de destinations.
Un jour dans le temps réparti, dans les temps étendus.
Un jour à tout prendre, à tout casser.
Un jour de plus à prix d’or, pour ce qui ne se prévoit pas, compréhensible aux initiés.
Un jour à l’état naissant, à l’approche de la nuit.
Un jour à nos risques et périls à peu de choses près un jour nouveau au pied levé.

Tu me demanderas pourquoi je ne reste pas un jour de plus. Ah.
À propos, à tort ou à raison.
Je te répondrais le jour de plus c’est à l’instant, le jour de plus c’est toujours aujourd’hui.

 


Texte créé et publié une première fois lors des vases communicants avec Michel Brosseau en octobre 2012 ; on peut aussi le (re)lire en ligne ici sur son site À chat perché.

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