Quelque(s) Chose(s)

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le manque est une force oubliée

dimanche 14 avril 2013

photo © Jean-Marc Undriener

Tu es sur le pont de ton corps.

Ohé.

Tu es sur le pont de ton corps hier un peu vacillant à cause de la tempête nouvelle ou de celle revenue aujourd’hui tous regards dehors tous regards au loin à cause de l’éclaircie.

Tu es sur le pont de ton corps, tu crois qu’il te porte mais c’est toi, mais oui tiens il serait quoi ton corps sans toi ?

Tu es sur le pont de ton toi, tu fais corps, tu fais corps tu franchis relies traverses tu construis tu jettes tu roules suspends tu flottes tu tournes prolonges tu gardes, tu fais corps avec le présent,
tu traces un arc,
un arc,
en avant.

Et la voile vous ne pourriez pas la faire un peu plus grande s’il vous plaît quelqu’un ?

Tu crois parfois qu’il manque quelque chose, ici avec ou entre, dans la cale, dans le mouvement moteur, dans les cordes dans les bras qui les tiennent, mais il ne manque rien ton corps fait corps avec ce qu’il est une fois lancé ne plus jamais penser aux modèles d’exposition.

Le manque est une force oubliée.

Ohé, ohé.

Tu crois parfois qu’il manque quelqu’un, pas trop loin à tes côtés, mais il ne manque personne les tiens font corps avec leur corps là où il est.

Le manque est un désir échoué.

Ohé.

Nous sommes sur le pont de nos corps, en voyage, embarqués, exilés du néant.

Nous sommes sur le pont de l’encore, nous relions les points minuscules d’une ligne parsemée de noms.

Je dédie ce texte à Maryse Hache. En avant toute, Maryse.


Ce texte a été créé et publié une première fois dans le cadre des vases communicants avec Jean-Marc Undriener en novembre 2012 ; on peut aussi le (re)lire en ligne ici sur son site Fibrillations.

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